La pertinence de la colorimétrie au Québec
- Catherine Truong
- il y a 4 jours
- 5 min de lecture
Pour ceux et celles qui s'initient au concept de la colorimétrie personnelle, cette dernière est souvent estimée comme une pratique récente ou comme un outil strictement esthétique. Pourtant, il s’agit d’un outil d’observation qui existe depuis plusieurs décennies et dont l’évolution a suivi des trajectoires très différentes selon les régions du monde.
Au Québec — et particulièrement à Montréal — la colorimétrie demeure moins connue qu’ailleurs. Il n'en demeure pas moins pourtant qu'elle est étonnament pertinente pour nous! Comprendre ce décalage permet non seulement d’en saisir la valeur réelle, mais aussi de faire des choix plus judicieux lorsque vous envisagez de planifier une consultation pour vous-même.
Une discipline bien établie ailleurs, mais dont l’évolution a été plus discrète au Québec
La colorimétrie personnelle n’est pas nouvelle. En Amérique du Nord, elle était déjà pratiquée dans les années 1970 et 1980, pr

incipalement selon le modèle des quatre saisons. Plusieurs personnes aujourd’hui dans la soixantaine ont d’ailleurs déjà vécu ce type d’analyse et se rappellent vaguement avoir reçu un petit carnet avec leurs couleurs!
Avec le temps, ce cadre initial a évolué dans plusieurs régions du monde. Le modèle des quatre saisons s’est progressivement raffiné, donnant lieu à des lectures plus spécifiques qui tiennent compte de la profondeur, du contraste, de la saturation et de la réaction réelle de la peau aux couleurs. Cette évolution s’est faite de manière continue aux États-Unis, en Europe et dans plusieurs pays d’Asie.
Dans ces régions du monde, la colorimétrie s’est intégrée naturellement aux domaines du stylisme, du maquillage professionnel et de la formation en image personnelle. En Corée notamment, cette intégration est devenue naturellement acquise : les produits de maquillage y sont plus souvent qu'autrement classifiés selon les sous-tons (chaud, froid, neutre), reconnaissant d’emblée que les couleurs ne réagissent pas de façon uniforme sur toutes les peaux. Le système de Cocory offre d'ailleurs des résultats qui s'appliquent directement à la grande majorité des produits de beauté coréens. Les Coréens et Coréennes sont très familiers avec les principes de la colorimétrie personnelle. Cette reconnaissance facilite des choix plus précis et plus durables, indépendamment des tendances.
Au Québec, cette évolution a été moins visible. La colorimétrie a circulé de façon plus ponctuelle, et les Québécois sont donc très peu souvent au courant de sa portée et de la pertinence de ses applications possibles.
Quand le climat, la lumière et le quotidien rendent la colorimétrie particulièrement pertinente
Si la colorimétrie est moins répandue au Québec, plusieurs réalités locales en renforcent pourtant la pertinence à mon humble avis.
La garde-robe québécoise est profondément fonctionnelle. S’habiller pour quatre saisons distinctes représente un investissement important, autant financier que pratique. Cela encourage des choix plus réfléchis : des pièces durables, faciles à combiner, et réellement portées. Dans ce cadre, la colorimétrie ne sert pas à multiplier les options, mais à réduire les hésitations et à mieux orienter les décisions. Mieux vaut choisir une couleur de manteau d'hiver dont on est certains plutôt que de le changer régulièrement au fil des années alors qui est en bon état, au prix que cela coûte, entre autres!

De plus, nos hivers peuvent parfois durer bien longtemps (parlons de celui que nous venons de vivre), ce qui fait en sorte que les couleurs portées près du visage — manteaux, foulards, tricots, tuques — dominent l’apparence pendant une grande partie de l’année. Dans ce contexte, les teintes qui ne soutiennent pas naturellement le teint deviennent rapidement visibles, tandis qu’une palette cohérente conserve son effet, saison après saison.
Cette logique s’inscrit dans une culture de plus en plus marquée par le minimalisme et la simplicité volontaire. On valorise la durabilité, la qualité et les pièces qui traversent le temps. La colorimétrie s’intègre naturellement à cette approche en offrant un cadre de cohérence pour chacun.
Composer avec des saisons marquées et une offre qui varie
Au Québec, la relation aux saisons ne se limite pas au climat : elle influence aussi fortement l’offre en boutique. D’une saison à l’autre, les couleurs proposées changent rapidement, tant en maquillage qu’en produits de beauté.

Nous le savons bien lorsque nous allons magasiner et que les collections changent pour celles de l'hiver! À ce moment, l'offre se resserre souvent autour de tons plus sombres, de neutres et de couleurs atténuées, avec peu de teintes vives ou lumineuses. À l’inverse, le printemps et l’été font place à des couleurs plus claires ou plus saturées, qui ne conviennent pas nécessairement à tous les sous-tons non plus. Comment y voir clair et choisir avec cohérence tout au long de l'année pour que nos vêtements continuent à bien s'agencer en tout temps?
La colorimétrie permet justement de traverser ces variations saisonnières avec plus de discernement. Elle aide à savoir quelles familles de couleurs rechercher activement, lesquelles éviter, et comment adapter ses choix à l’offre du moment — sans dépendre entièrement des cycles de tendances.
À Montréal, les tendances maquillage montrent vite leurs limites
Montréal se distingue par une grande diversité de teints, de sous-tons, de profondeurs et de contrastes. Dans un tel contexte, les tendances dominantes en maquillage montrent rapidement leurs limites lorsqu’elles sont présentées comme universelles.

Dans les gammes les plus largement diffusées, on observe une forte prédominance de sous-tons chauds : corail, pêche, doré, terracotta. Ces teintes sont omniprésentes dans les fonds de teint, les blush, les fards et les rouges à lèvres. Elles sont visuellement attrayantes et largement commercialisées, mais elles ne conviennent pas à l’ensemble des teints. Chez certaines personnes, ces couleurs peuvent en effet accentuer les ombres naturelles, jaunir le teint ou créer une impression de fatigue, malgré leur popularité. Le fait qu’un produit soit très répandu ou mis de l’avant ne signifie donc pas qu’il soit adapté à tous. Les rouges à lèvres nudes, souvent présentés comme des choix sûrs ou neutres, illustrent bien cette réalité. Selon le sous-ton, la profondeur et le contraste naturel de la peau, ces teintes peuvent paraître trop pâles, grisées, beiges ou éteintes, plutôt que naturelles.
On observe également une popularité marquée des palettes de maquillage multicolores, regroupant des teintes appartenant à des sous-tons ou à des intensités différentes. En pratique, ces palettes correspondent rarement de façon cohérente à une seule personne : on finit souvent par n’utiliser qu’une ou deux couleurs dans l’ensemble. Cette logique contribue à une forme de gaspillage, en décalage avec les valeurs de durabilité et de choix réfléchis de plus en plus présentes au Québec.

Dans une ville aussi diverse que Montréal, cet écart entre les tendances dominantes et la réalité des peaux devient particulièrement visible. La colorimétrie maquillage permet précisément de comprendre ces décalages, en offrant un cadre d’analyse qui aide à choisir des teintes réellement compatibles, plutôt que simplement populaires.
Choisir une consultation de colorimétrie avec discernement à Montréal
Toutes les consultations de colorimétrie ne se valent pas, et le choix de l’approche est déterminant.
Une analyse fiable repose d’abord sur des conditions d’observation adéquates. La perception des couleurs est fortement influencée par l’éclairage et par les ajustements automatiques des caméras. Le présentiel permet une observation directe, sous lumière neutre, à l’aide de drapés physiques, et rend possible la comparaison fine des réactions cutanées.
La méthode est tout aussi importante. Une consultation sérieuse s’appuie sur une démarche claire, expliquée et cohérente dans le temps. Elle permet de comprendre pourquoi certaines couleurs fonctionnent mieux que d’autres, et comment appliquer ces repères dans la vie quotidienne.
Enfin, une bonne analyse demeure adaptable. Les règles rigides et les palettes universelles tiennent rarement compte des réalités vestimentaires québécoises. Une approche nuancée offre des repères solides, tout en laissant la flexibilité nécessaire selon les saisons, les contextes et les préférences personnelles.
La colorimétrie comme outil de clarté, pas comme tendance
Au Québec, la colorimétrie n’est ni une nouveauté ni une mode passagère. Elle est une discipline qui a existé, qui a évolué ailleurs, et qui retrouve aujourd’hui toute sa pertinence dans un contexte où la durabilité, la simplicité et les choix réfléchis sont de plus en plus valorisés.
Lorsqu’elle est pratiquée avec rigueur, elle devient un véritable outil de clarté — particulièrement adapté aux réalités climatiques, culturelles et humaines de Montréal.
J'espère que j'aurai su vous convaincre de sa pertinence!




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